LES DEMOISELLES

 

 

 

Roman

Editions de Minuit, Paris 1970

 

 

 

 

 

http://www.leseditionsdeminuit.fr/catalogue/litterature-france-roman.htm#boui

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"Le prétexte de l’histoire est l’aventure de ces deux demoiselles, de leurs apparitions, de leurs métamorphoses successives. Sont-ils hommes ou véritablement femmes, ces deux personnages qui surviennent en provinciales, en vieilles anglaises, en archéologues de profession, en un couple très étrange formé d’une aveugle et d’un élégant jeune homme. Que sais-je? Le livre se présente alors comme le récit de l’enquête menée par le narrateur à leur sujet, de province en province, de ville en ville, d’allusion en allusion jusqu’au rivage final de la mer à Tanger.

Au cours de l’enquête, les intervalles de temps et de lieu sont occupés par des récits secondaires animés par de nombreux personnages, complices du narrateur, et qui, chacun, vivent de leur passion, parlent, s’écoutent les uns les autres, s’avancent, se dérobent, mimant leur vie et l’incertitude qui l’accompagne.

[...] Un récit inattendu dans ses développements, remarquable par son écriture savante et raffinée, secrète dans ses sous-entendus. Car l’essentiel est dit dans cette prose par des mots qui semblent vouloir affaiblir une pensée dont on verra bientôt que l’accessoire fait toute la force."

André Dalmas

Le Monde, 8 janvier 1971

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"L’intrigue -- si ce mot a encore une signification -- est à mourir de rire et à dormir debout, mi-policière et mi-érotique, bouffone et loufoque, extraordinaire et surréaliste. Deux demoiselles s’installent en Touraine et organisent un salon qui attire toutes les célébrités de l’endroit et plus particulièrement les culs-de-jatte et les chiens [qui] ont la facheuse habitude de disparaître mystérieusement, laissant derrière eux de fabuleuses collections de jambes de bois, de béquilles et de dents qui viennent enrichir un trésor déjà considérable de cure-dents et de cendriers, histoire hors du commun au moyen de laquelle l’auteur nous démontre avec humour et astuce qu’un récit en soi est une chose si extraordinaire et si invraisemblable qu’on ne devrait jamais en lire ni en écrire, la solution de son mystère nous étant constamment impossible à trouver. [...] Le voyage à Tanger, qui se voudrait voyage au bout du récit, solution panique pour sortir du labyrinthe, ne sera qu’une solution provisoire, puisque le récit recommencera de plus belle par où il avait commencé."

Daniel F. Jourlait

French Review, April 1972

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"Le lecteur, qui s’attendait à une pochade amusante, a été pris au piège de ces pages sans paragraphes, inquiétantes et sardoniques, où le narrateur disert s’est transformé peu à peu en un romancier qui se révèle diabolique d’abord, créateur et destructeur ensuite. [...] L’enquête a perdu son sens, ou plutôt, elle est devenue l’envers d’une réalité dont l’endroit reste à déchiffrer.[...] C’est une oeuvre conduite avec une maîtrise rare et qui ne manque ni d’humour ni de profondeur, mais où l’auteur s’avance masqué -- masqué de plusieurs masques qu’il retire l’un après l’autre et qui ne révèlent jamais que le masque suivant.

Etienne Lalou

L’Express, 28 décembre 1970


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